hihi

# Posté le jeudi 03 avril 2008 04:19

Modifié le jeudi 03 avril 2008 06:08

Voyage au pays artificiel

Voyage au pays artificiel
J'avais froid. Très froid. Un froid mordant. C'était comme si des milliers de poignards rentraient dans ma peau. Le vent maritime me fouettait le visage. Et j'avais faim. Le ciel était noir comme de l'encre, des milliers d'étoiles le parsemaient, et la lune était pleine.

Je relevais mon chandail pour choisir une veine et j'enfonçai l'aiguille à l'intérieur de celle-ci, appuyant sur le piston qui déversa la substance miracle. La douleur fut brève, aigue ; très supportable, elle ne dura qu'une seconde.
Au bout de quelques minutes, tous mes muscles se relâchèrent et mon corps se détendit. Je me sentais bien, de mieux en mieux, apaisée. Légère, de plus en plus légère. Je flottais presque dans les airs. Mes pupilles se dilatèrent et mon c½ur se mit à battre plus fort.

Bientôt, ma vision devint floue, de plus en plus floue et mes yeux se fermèrent. Je ressentis soudain un plaisir intense, démesurément intense, le « flash », quel bonheur... ! Je m'évadais peu à peu et le décor autour de moi se mit à tourner. J'étais partie, complètement partie. Le voyage commençait et je me sentais emportée à toute vitesse ; je ne contrôlai plus rien, mais c'était merveilleux.

Lorsque je rouvris les yeux, je fus aveuglé par une lumière et ébloui par le paysage. Le sable doré...le ciel noir....la lune argentée... Toutes ces couleurs me faisaient mal aux yeux mais me fascinaient. Tout était beau! Tout était si beau! Je me souviens avoir contemplé ma main pendant des heures tellement c'était magnifique...Chaque ongle, chaque doigt, chaque sillon, chaque ligne, chaque pore de ma peau...je n'avais jamais rien vu d'aussi beau ! J'étais dans un autre monde, loin de tous ces soucis qui me rongeaient l'esprit, loin de tout. Je ne sentais plus ni le froid, ni la faim, ni ton absence. Juste du plaisir, rien que du plaisir qui coulait dans mes veines. Et cet incroyable sentiment de toute puissance. Mes problèmes n'avaient plus d'importance. Tu n'avais plus d'importance, j'étais bien, j'étais loin de tout, à des milliers de kilomètres, à des milliers d'années lumières de toi.

Je me levai et me mis à marcher sur le sable. La sensation était indescriptible. Je pouvais sentir la caresse de chaque grain contre ma peau. Je pouvais entendre les bruits à des kilomètres à la ronde. Je pouvais entendre le clapotis de chaque vague. Mes sens étaient décuplés. Peu à peu, je m'aperçus que je ne marchais plus, je flottais. J'étais si légère... De plus en plus haut. Je planais, je planais au dessus de tout. Le temps semblait s'être accéléré. J'étais entrainé dans un tourbillon, un tourbillon de folie... Je volais, je ne sais pas comment mais je volais. Je riais aussi, je crois. Je pouvais voir le sable fin, je pouvais voir la mer s'écraser sur les rochers, je pouvais distinguer chaque irrégularité, chaque cratère, chaque fissure de la lune...Je pouvais sentir l'odeur de la mer, l'odeur du ciel et celle des étoiles. J'étais sur la plage et l'instant d'après j'étais dans une autre galaxie, j'étais ici et ailleurs en même temps, j'étais ici et là bas, j'étais partout et nulle part. J'étais loin de tout et surtout loin de toi, et je volais, je volais, je volais au dessus des étoiles, au dessus des nuages, au dessus du monde entier, au dessus de l'univers...et je riais, et je riais...c'était si bon.... Mieux que tout, mieux que toi, mieux que le paradis, mieux que tes mains sur mon corps, mieux que tes lèvres sur les miennes, mieux qu'un orgasme... c'était mieux que tout. J'étais sur une étoile filante, j'étais sur le dos d'un cheval lancé au triple galop, j'étais sur la lune, j'étais au sommet du mont Everest..., j'étais plus rapide que la lumière...plus rapide que le son... j'étais ailleurs. Loin de tout. Loin de toi. Loin de ce monde où le bonheur est éphémère, loin de ce monde rempli de misère.
Merveilleux. Grandiose. Magnifique. Sublime. Magique. Tout simplement indescriptible.

Mais l'effet de la drogue a fini par se dissiper...Vite...Trop vite... Et l'illusion a laissé place à la réalité. Dure. Froide. Glacée. Le bien-être a disparu, avec le sable dorée, l'étoile filante et le cheval sur lequel j'étais. Tout a disparu. Et le froid et la faim sont revenus. C'était une illusion. La drogue n'engendre que des illusions. Celle d'aller bien, celle d'être heureuse, sans soucis, une illusion dans laquelle je ne souffre pas... La drogue crée un monde artificiel, illusoire. Et je le sais bien... L'autre galaxie dans laquelle j'étais n'existe déjà plus...Pas plus que l'émerveillement que j'ai ressenti en contemplant ma main. La drogue n'est qu'une illusion, ne vous laissez jamais entrainer...

Pour moi c'est trop tard. Je ne peux déjà plus m'en passer. Et je me sens si misérable... Pourtant quand j'y pense, j'en rêve encore de ce voyage...j'ai des étoiles dans les yeux et un sourire béat sur les lèvres...

Fiction, bien sûr

# Posté le jeudi 27 mars 2008 16:04

Modifié le vendredi 28 mars 2008 04:43

Petite histoire triste...

Petite histoire triste...
Depuis quelques heures, quelques jours, quelques semaines peut être, je ne sais plus, je vis dans un brouillard. Le temps n'a plus d'importance. Plus rien n'a d'importance que ce souvenir qui passe et repasse dans ma tête... Je suis comme possédée, hantée par le souvenir de cette nuit fatidique. Je ne peux plus penser à autre chose. Je ne vis plus : je ressasse. Sans cesse. A chaque instant, à chaque minute ; je repasse le film en accéléré, puis au ralenti. Je modifie quelques détails par-ci par là. Des détails qui auraient pu tout changer, des détails qui auraient pu te sauver. Des détails avec lesquels je ne serais pas en train de vivre ce cauchemar... Tout s'est passé tellement vite ! En une minute mon monde s'est écroulé. Une minute pour bouleverser ma vie et réduire la tienne à néant... Une minute... Il suffisait d'un rien pour tout changer...
Si seulement...

Je ne peux pas croire que tu n'es plus là. Je ne peux pas croire qu'à l'instant même, ton corps repose sous terre et que des vers dévorent ton visage...Je ne peux pas croire que je n'entendrais plus jamais le son de ta voix... Je ne réalise toujours pas. Alors je ressasse, encore et toujours ... je ressasse pour essayer de comprendre ce que je ne peux (veux ?) pas admettre.

On s'engueule. Tout le monde s'amuse à cette soirée, mais nous on s'engueule. Tu es en colère, tu prends ton pull dans l'entrée de la maison et tu sors. Tu marches vers ta voiture, je te rattrape parce que je ne veux pas que tu partes. Je vois tes yeux, ils lancent des éclairs. Tes yeux si verts, tes yeux que tout le monde admire...Mais nous ne sommes plus seuls, ces voyous des quartiers chauds qui te cherchent si souvent depuis quelques temps se pointent. Ils ont l'air agressif et sont visiblement souls. Mais tu es trop en colère pour avoir peur d'eux. Tu es trop en colère à cause de moi. L'un d'eux, ton ennemi juré, te lance une vanne, tu le rembarres sèchement. S'ensuit un échange menaçant. Il s'avance vers toi, un éclair meurtrier dans les yeux. J'ai tout juste le temps d'apercevoir une lueur argenté, c'est trop tard. Il sort un couteau et te poignarde au ventre. Mes yeux le voient mais mon cerveau n'y croit pas. Je ne réalise pas tout de suite. Il me semble que le temps s'est arrêté. Il me semble que le monde s'est figé. Je vois tes yeux, écarquillés. Je ne comprends pas, je ne bouge pas, je ne saisis toujours pas. Ce n'est pas toi, ce n'est pas toi qui vient de te faire poignarder...ce n'est pas moi qui regarde cette scène... Tu portes tes mains à ta blessure, elles deviennent noires, noires de sang dans la pénombre. Puis tu t'écroules sur le sol, hoquetant. La meute se rend compte de la gravité de la situation et se sauve. Je me mets à hurler, hurler, hurler. Je crois que je hurle parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi tu es allongé dans une mare de sang alors qu'il y a cinq minutes tes yeux me lançaient des éclairs. Je hurle, je hurle encore. Les amis, alertés, accourent. Les secours sont appelés. Je finis par me ressaisir un peu, tu as l'air faible mais pas mourant. Tu peux encore parler, Dieu merci. Tu me donnes ton pull en me disant que je te le rendrais plus tard, quand tu sortiras de l'hôpital. Tu croyais que tu allais vivre. Tout se déroule très vite, les secours arrivent mais c'est trop tard. Le couteau a trop salement touché tes organes, tu perds trop de sang. Tu croyais que tu allais vivre, qu'ils allaient recoudre ta plaie... Ta voix est de plus en plus faible, je crie, je pleure, je supplie, mais rien n'y fait...tes yeux se ferment et tu t'en vas. Tu es parti. C'est fini...Tu croyais que tu allais vivre.

La suite est floue dans ma mémoire. La suite est floue parce qu'elle n'a pas d'importance. La suite ne change rien. Tu es mort, assassiné. Et la suite ne répare rien.

Encore une fois j'ai ressassé. Encore une fois j'ai tenté de comprendre. C'est pourtant simple, pour les médecins, tu es décédé à 2h21 du matin d'une hémorragie causée par la perforation de ton estomac. Décédé...tous les jours des gens décèdent dans le monde ... C'est simple pour les autres, mais moi je ne peux pas l'admettre...Pas pour toi. Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Comment est-ce arrivé ? Pourquoi toi ? Pourquoi dieu, le diable, le destin, la mort, pourquoi t'ont-ils pris ? Pourquoi tant d'injustice dans ce monde ? Pourquoi tuer un innocent de 21 ans qui avait toute la vie devant lui ? Pourquoi toi Louis, pourquoi... ? Comment la vie peut-elle continuer, comment le monde peut-il tourner alors que tu es MORT ?

Tant de questions sans réponses... Je suis fatiguée... fatiguée d'y réfléchir, d'y penser... Fatiguée de souffrir... Je suis fatiguée et mes paupières sont lourdes. Je m'allonge sur mon lit tout en serrant ton pull très fort contre mon c½ur. Quelques effluves de ton eau de toilette s'en échappent encore... j'ai presque l'impression que tu es là, à côté de moi. Mes yeux se ferment... je sens que je m'endors peu à peu sur mon oreiller tout mouillé. Morphée m'emporte au pays des rêves...
Tu es là. Tu as pu être sauvé. Ils ont recousu ta plaie tant bien que mal : tu as frôlé la mort. Ils t'ont gardé trois semaines et demie en observation, puis t'ont laissé sortir. Tu es affaibli, certes, mais vivant. Tout ça n'était qu'un cauchemar, un affreux cauchemar... Nous sommes sur la plage, par une belle journée d'été. Tu souris, le soleil dans les yeux. Tes yeux si verts... Tu souris et je suis heureuse. Je suis heureuse parce que tu es là, et c'est tout ce qui compte...


Nina dort maintenant à poings fermés, un léger sourire sur les lèvres. Une larme sèche sur sa joue...

# Posté le samedi 15 mars 2008 08:55

Modifié le lundi 17 mars 2008 08:43

Fleur Bleue

Fleur Bleue
J'y ai touché. J'y ai touché et aujourd'hui je m'en mords les doigts. On dit toujours de ne pas y toucher, que quand on y touche une fois après c'est fini. On le dit toujours et pourtant j'ai succombé. J'y ai touché, j'y ai goûté. J'me disais "juste une fois, ça peut pas faire de mal je deviendrais pas accro c'est sur." Et puis j'y ai touché une deuxième fois en me disant que c'était la dernière. Et puis encore une fois...et vous imaginez la suite. On essaie quand même de s'en passer pendant deux jours, histoire de se prouver qu'on est pas accro et qu'on peut arrêter quand on veut. J'pensais contrôler la situation, j'pensais pouvoir m'en passer facilement. Et un beau jour, j'me suis rendu compte que j'étais comptement accro et que j'arrivais plus a m'en passer. Que quand j'en avais pas, j'pétais un câble, j'tenais plus. J'en avais besoin. Maintenant. Tout de suite. J'avais besoin du bonheur, de la joie que ça me procurait. Ctait dangereux. C'était malsain. J'me demande comment j'ai pu tomber si bas. J'me demande comment j'en suis arrivé là. Ma vie en dépendait, je ne m'en rendais pas compte. C'était dangereux, c'était malsain. Et puis il a fallu arrêter, se sevrer, se désintoxiquer. Il a fallu m'en éloigner. Depuis, chaque jour est une souffrance. C'est insupportable. Je résiste mais à chaque instant j'ai envie de replonger. Replonger pour retrouver ce bonheur fou qui coulait dans mes veines. Replonger parce que ça m'est vital, parce que sans, je dépéris comptement. Mais je siste, parce que je sais que si je replonge, le bonheur sera éphere. J'me sentirais heureuse, bien, sereine... pendant quelques heures seulement. Pendant trop peu de temps. Et après j'me sentirais mirable, honteuse, rabaissée, humile parce que j'aurais succombé encore une fois. Et je souffrirais encore plus qu'avant. Parce que tous les efforts que j'aurais fait jusque là seraient vains, et parce que tout ce que j'aurais construit tant bien que mal, cette montagne d'efforts, de sacrifices, construite pierre après pierre s'écroulerait en un instant comme un vulgaire château de cartes. Et alors il faudrait tout recommencer... alors je résiste. Je tiens bon. C'est dur si vous saviez....Parfois, je suis a deux doigts de flancher...

Ma drogue, c'est pas l'héroine, ou la cocaine ni même le cannabis. Ma drogue c'est l'Amour, c'est lui. Mais il faut m'en passer, il faut résister. Il faut m'en éloigner. Parce que je souffrirai encore plus. Et parce que c'est malsain. Oui, l'Amour c'est exactement comme la drogue vous voyez.


Merde, je crois que j'ai flanché... :-)

# Posté le mardi 05 février 2008 08:36

Modifié le lundi 03 mars 2008 16:20

Parce que y'a toujours une chute.

J'ai supprimé ce texte parce qu'il y a eu un énorme malentendu: en gros, quelqu'un a pris la personne citée dans ce texte pour quelqu'un d'autre et ça a fait quelques histoires. Merci pour ceux qui ont mis des commentaires en tout cas. Ca fait plaisir :)
Parce que y'a toujours une chute.

# Posté le vendredi 18 janvier 2008 14:20

Modifié le vendredi 21 mars 2008 13:10